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Cohen-Solal Lyne

Cohen-Solal Lyne, Avec intelligence et talent au bout des doigts : la mode, industrie de créativité et moteur de croissance, ministère de la Culture et de la Communication, Direction générale de la création artistique, Métiers d’art, février-octobre 2015

La mode existe-t-elle encore ? S’interrogeait, récemment à haute voix, une des gourous-oracles reconnues de ce secteur économique.
Difficile d’évacuer cette interrogation ou d’y répondre par une fuite en avant en entamant cette étude. Cette question continue de provoquer tant de résonances parmi les professionnels que nous devons nous y arrêter.
La mode, cette discipline si diverse qui va de la Haute Couture à l’habillement quotidien, qui oscille perpétuellement entre art et produit, ne peut pas mourir en ce qu’elle est un langage de culture. Elle a su surmonter maintes crises, en s’adaptant, en mariant hier et demain, en anticipant les bouleversements sociétaux, elle saura encore se projeter pour dessiner notre futur.
Mais, dans le monde de la mode, fait à la fois de subtile magie et de travail intense, d’émotion, de vision et de talent, toutes les composantes ne se trouvent pas à égalité devant la brutalité de notre économie mondialisée.
Face aux enjeux des marchés internationalisés, face à la réalité sociale de l’industrie de la mode, au moment où se pose, à tous, la question de l’avenir de notre planète, la Mode de France doit prendre ses responsabilités et encourager les professionnels à relever ensemble le défi de la créativité.
Un effort de tous dans la durée, des adaptations exigeantes et des souplesses à tous les niveaux semblent indispensables pour garder à notre pays son rôle de « patrie » de la mode. Alors, oui la mode existe car elle est création, sans fin…
Qualité, respect, créativité mais aussi solidarité et anticipation apparaissent comme des repères nécessaires dans cette réflexion approfondie sur l’avenir de ce secteur qui tient à la fois de l’art, de l’industrie, de la culture, de l’innovation, du luxe, du quotidien, mais aussi du collectif comme de l’intime pour chacun de nous.
Se plonger avec enthousiasme dans la filière de la Mode pour en connaître mieux l’atmosphère et la comprendre, y rencontrer ses divers acteurs et les écouter parler de leur travail avec passion, toujours, c’est appréhender et rencontrer, sans le chercher, le tableau de la société contemporaine avec ses contradictions.
Avec modestie, je tente d’en tirer des photographies et quelques propositions réalistes, pour le court et moyen terme avec trois objectifs : ambition nationale, solidarité, croissance et emploi. La France aime sa Mode certes, elle doit s’en montrer fière, mieux valoriser ses talents, ses forces productives, ses potentiels.

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Fauque Claude

Fauque Claude, Quand les vêtements racontent l’enfance. Un voyage à travers des siècles de peinture, Éditons du Rouergue, 2017, 176p.

Dans cette histoire du vêtement d’enfant à travers la peinture en Occident, Claude Fauque révèle la place que les sociétés européennes, du Moyen Âge au vingtième siècle, ont fait à l’enfance, depuis le bébé protégé mais aussi façonné par un emmaillotement souvent implacable jusqu’aux plus grands considérés ni plus ni moins comme de petits adultes. Si certaines pièces de vêtement furent des siècles durant des constantes, comme le maillot, le bonnet ou le tablier, si la robe vêtit longtemps aussi bien garçons que lles, certains codes varient en fonction des époques ou des classes sociales.
À travers les œuvres des plus grands peintres, nous voyons l’enfant grandir : nourrisson dans ses langes, petit atteignant l’âge de la marche muni de bourrelets et de lisières, garçons quittant la robe pour le pourpoint et le haut-de-chausse, llettes revêtues de crinoline. Mais nous voyons aussi se transformer les familles, qu’elles soient aristocratiques, bourgeoises ou paysannes, et l’enfant acquérir progressivement un statut à part entière. À partir du xixe siècle, l’apparition d’une mode enfantine conjuguée à la révolution de la maille et de la layette va libérer le corps des plus petits des anciennes contraintes et accompagner l’avènement de nos sociétés modernes.

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Gallot Fanny

Gallot Fanny (éd.), En découdre. Comment les ouvrières ont révolutionné le travail et la société, Paris, Éditions La Découverte, 2016

Alors que depuis la fin des années 1990, le monde ouvrier revient sur le devant de la scène avec des luttes de plus en plus dures (occupations, séquestrations, grèves de la faim, menaces de faire « sauter l’usine », etc.), le rôle joué par les femmes a été passé sous silence. À la différence des hommes, elles ont souvent effectué leur carrière entière dans la même usine et subissent de plein fouet l’épreuve des restructurations ou de la liquidation pure et simple. Qui sont ces femmes décidées à « en découdre » ? Ayant commencé à travailler après 1968, elles n’ont plus grand-chose de commun avec leurs mères : elles ne sont ni fatalistes ni résignées. Grâce à leurs combats, de nouvelles lois ont révolutionné le travail et, plus largement, la société. Elles ont obtenu d’être reconnues comme des salariée s à part entière, et non pas comme des subalternes devant se contenter d’un salaire d’appoint. Elles ont mis en cause le pouvoir des petits chefs disposant d’un quasi-droit de cuissage. Elles ont donné sa dignité au travail en usine jusqu’alors considéré comme dégradant pour une femme. Elles ont changé le fonctionnement syndical en refusant de tout déléguer aux hommes. Les syndicats ont été obligés de prendre en charge des questions comme la contraception, l’avortement ou le partage des tâches familiales.
Fanny Gallot s’est appuyée, entre autres, sur les témoignages précis des femmes engagées dans cette lente et profonde révolution. Elle raconte leurs histoires surprenantes et émouvantes, comme celles des ouvrières de Chantelle et Moulinex dont les luttes ont marqué l’actualité.

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Jonke Philipp

Jonke Philipp, La mode en série à Berlin (1880-1914), Presses Universitaires du Septentrion, 2025, 226p.

Étudier la mode berlinoise autour de 1900, c'est s’intéresser à l’une des premières industries sérielles du vêtement et à la culture matérielle et visuelle de sa commercialisation.
Berlin, capitale du jeune Empire wilhelminien, s'impose au tournant de siècle 1900 comme centre incontesté de la mode en Allemagne. Le succès de la mode berlinoise ne repose pas sur des ateliers de grands couturiers, mais sur une industrie qui produit et vend des vêtements fabriqués en série selon des tailles standardisées (confection) à une clientèle bourgeoise et aux classes moyennes. S’intéresser à la confection berlinoise, c’est découvrir un pan de l’histoire de la mode encore méconnu en France.
L’analyse de la culture matérielle et visuelle de ce secteur permet de comprendre la logique d’une production vestimentaire qui vise à vendre une mode à moindre coût et d’appréhender les stratégies commerciales de magasins que l’on ne connaît plus aujourd’hui. De nombreuses enseignes berlinoises réputées à l’époque contribuaient à cette culture de la mode par l’aménagement de leurs magasins, leurs vitrines, leurs réclames et leurs défilés, entraînant des changements sociaux dans la mode.

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Legrand Catherine

Legrand Catherine, De la tête aux pieds. Accessoires du monde : sacs, chapeaux, chaussures, Paris, Éditions de La Martinière, 2017, 240 p.

Depuis la première aumônière confectionnée en 1977 pour sa marque de vêtements À la bonne renommée, Catherine Legrand n’a jamais cessé de s’intéresser aux accessoires. Entre nostalgie pour les colifichets du passé et fascination pour l’immense richesse des accessoires ethniques, elle chine, collectionne, voyage, et note tous les détails qui font l’élégance d’une tenue, la singularité d’une personne, ici ou ailleurs.
Ce quatrième ouvrage sur les textiles et la mode propose un tour de monde des accessoires, du Japon au Pérou, en passant par Madagascar, la Finlande ou la Chine, comme une source d’inspira on inépuisable, un catalogue des formes et des savoir-faire, une invitation au rêve…

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Vous pouvez avoir plus d'informations sur cette publication en téléchargeant le dossier de presse (pdf, 1,1Mo)

Martini Manuela

Martini Manuela (ed), Women in Textiles. Remuneration, Labour Relations, and Gender in Europe during Industrialization (Eighteenth to Early Twentieth Centuries), Brepols, 2026, 244p.

Cet ouvrage examine les dynamiques de genre au sein du monde du travail dans les industries textiles françaises et européennes, en mettant l’accent sur les rôles économiques des femmes tant au sein du foyer qu’en dehors. Si la présence des femmes dans la production textile est bien documentée, ce recueil explore plus en profondeur la structure de leur rémunération, la répartition des tâches entre les activités domestiques et celles génératrices de revenus, ainsi que l’organisation temporelle du travail. En examinant comment les familles de la classe ouvrière conciliaient les responsabilités domestiques et le travail salarié, l’ouvrage reconstitue la composition des revenus individuels et familiaux dans divers métiers du textile, notamment le tissage de la soie, la bonneterie, la dentellerie et la fabrication de gants.
En combinant des sources qualitatives et quantitatives originales avec des méthodologies innovantes issues des humanités numériques, les auteurs proposent une analyse nuancée tant des cadres normatifs que des pratiques quotidiennes. Cet ouvrage positionne le foyer comme une unité centrale de l’activité économique et de la négociation sociale, révélant comment le genre a façonné l’accès au travail, la répartition du temps et la valorisation du travail. Grâce à cette approche interdisciplinaire, les chapitres rassemblés ici apportent un éclairage nouveau sur la construction historique des systèmes salariaux et les réalités vécues par les femmes de la classe ouvrière en Europe du XVIIIe au début du XXe siècle.

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Nicklas Charlotte, Pollen Annebella

Nicklas Charlotte, Pollen Annebella (eds), Dress History. New Directions in Theory and Practice, Bloomsbury Academic, 2015, 248p.

L'étude de l'histoire du vêtement s'est développée de manière exponentielle au cours des vingt-cinq dernières années, comme le savent bien les membres du groupe d'intérêt spécial du RIG. Autrefois considérée comme marginale et frivole, cette discipline a vu une génération de chercheurs et de conservateurs s'efforcer de contrer ces critiques grâce à des recherches rigoureuses sur tous les aspects de la production, de la circulation et de la consommation des vêtements. L'université de Brighton a joué un rôle clé dans l'évolution de ces débats à travers l'enseignement, les conférences et les publications. Un nouvel ouvrage, édité par deux professeurs de Brighton, vient enrichir ce domaine et affirme que l'histoire du vêtement a désormais atteint sa maturité.
Présentant les dernières avancées de la recherche, *Dress History: New Directions in Theory and Practice*, coédité par Charlotte Nicklas et Annebella Pollen, rassemble douze auteurs qui, à travers leurs études de cas respectives, réfléchissent aux méthodes et pratiques de la recherche et de l’interprétation vestimentaires, ainsi qu’à la manière dont l’étude du vêtement peut contribuer à notre compréhension du monde. Réunissant un large éventail international de noms établis et de voix émergentes, cet ouvrage met en avant des travaux originaux qui s’intéressent de près aux objets vestimentaires et aux images. Les chapitres couvrent une période allant du XVIIIe siècle à nos jours, en s’appuyant sur des sources provenant du monde entier. Une grande partie de ces travaux contribue à mettre au jour des histoires cachées et méconnues, telles qu’elles s’expriment à travers l’habillement. L’un des développements clés de l’étude récente de l’habillement est l’abandon de l’accent mis principalement sur les vêtements de l’élite européenne et nord-américaine. Certaines des recherches actuelles les plus passionnantes portent sur les vêtements portés par les gens ordinaires, ainsi que par les personnes marginalisées par la société dominante. Les chapitres de Dress History traitent de ces groupes, des femmes afro-brésiliennes du XIXe siècle aux hommes homosexuels du milieu du XXe siècle. La combinaison « chaussettes et sandales », jugée démodée, et les choix vestimentaires des femmes au foyer rurales font l’objet d’une attention aussi grande que celle accordée aux grands couturiers et aux collectionneurs, de Norman Hartnell à Isabella Stewart Gardner.
Cet ouvrage rend également hommage à l’héritage laissé par la professeure Lou Taylor dans ce domaine. Toute discussion sur ce domaine se doit de reconnaître sa contribution ; cet ouvrage ne fait pas exception. Forte d’une formation en stylisme et d’une carrière de près d’un demi-siècle dans la recherche, la conservation, l’enseignement et l’écriture, les contributions de Taylor à la recherche en histoire du vêtement ont eu une influence considérable sur plusieurs générations de chercheurs, y compris ceux qui ont bénéficié directement de son enseignement (les rédacteurs en chef de Dress History) et ceux qui se sont penchés sur ses nombreuses publications (tous les contributeurs à cet ouvrage). Taylor a rédigé une préface personnelle émouvante pour cet ouvrage, et l’image de couverture montre des pièces issues de la Dress History Teaching Collection de l’université de Brighton. Cette ressource pratique, constituée par Taylor au fil de décennies de collecte et de sauvegarde assidues, est conçue pour offrir aux étudiants une expérience directe de l’examen des vêtements en situation réelle. En tant qu’image principale du livre, les escarpins vernis des années 1960 et les chaussons de danse de salon dorés de l’entre-deux-guerres incarnent également l’intérêt du livre pour les vêtements tels qu’ils sont portés et vécus. Ces chaussures usées sont imprégnées d’histoires et de fantasmes, mais, à l’instar des meilleures recherches, elles restent ancrées dans la réalité.

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Véron-Denise Danièle

Véron-Denise Danièle (dir.), Pelage et plumage. Quand l’animal prend de l’étoffe, Actes des Journées d’Étude de l’Association Française pour l’Étude des Textiles (Moulins, Centre national du costume de scène, 21 et 22 nov. 2014), Sépia et AFET, 2015, 154p.

La publication des Actes des journées d'études, sur le thème de la plume et de la fourrure, permet de faire connaître les dernières réflexions sur le sujet : la diversification de l'emploi de ces matériaux au cours du temps, leur production et leur commerce, les codes d'usage comme les symboliques et les valeurs psycho-sociales véhiculées. Plume et fourrure, si intimement liées au textile, y ont suscité l'inspiration la copie et le faux. Ces aspects sont également abordés.

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