Appels à communication

2026

Carte blanche de l’INHA — "Histoire de l’art en région"
— Avant le 03 mai 2026

Le dispositif de la Carte Blanche a pour objectif de soutenir une recherche en histoire de l’art menée en consortium par différents acteurs et institutions, au sein d’une région, entre plusieurs régions, ou entre Paris et une région, sur la durée de l’année civile concernée. Il vise à favoriser la collaboration entre les institutions (musées, universités, laboratoires de recherche, écoles supérieures de la création, centres d’art, etc.) ainsi qu’un croisement fécond des méthodes et des savoirs.

Si vous voulez en savoir plus sur les modalités de cet appel, accédez au site "INHA–Carte blanche"


2025

AACom — "Des identités sur mesure. Pour une histoire de la masculinisation de la mode féminine"
— Avant le 7 avril 2025

Colloque des 30 juin et 1er juillet 2025, à la Galerie Colbert, 6 rue des Petits-Champs, Paris l

La mode s’inscrit dans un système au sein duquel la matérialité, les conditions de création et les perceptions sociales des objets sont traversées par les questions de genre. On a depuis longtemps analysé combien le vêtement est tout à la fois le lieu de l’expression et de la remise en cause des attendus sociaux, qu’il participe à renforcer ou à subvertir les normes de genres et les constructions binaires. Ainsi la question du genre dans la mode s’étend-elle, bien au-delà des vêtements eux-mêmes, aux accessoires, aux étoffes, aux techniques de productions, jusqu’aux manières dont on les expose, les commercialise et les consomme. Elle éclaire la manière dont la mode et le vêtement, à travers l’histoire et une grande variété de contextes culturels, participent tout à la fois à structurer, déjouer ou contester les rapports de pouvoir. Comprendre, en ce sens, la mode comme une pratique et un lieu où se pensent ces enjeux met en lumière sa capacité à interroger ou renverser les récits dominants, et à faire émerger des expressions dissidentes de l’identité. La tension entre mode et identité(s), en constante évolution, se lie particulièrement au phénomène de masculinisation de la mode féminine, que façonnent divers changements de paradigmes culturels, sociaux et esthétiques, en Europe, depuis les débuts de l’ère moderne. Du XVe siècle à nos jours, en effet, le vestiaire féminin n’a cessé d’incorporer des éléments du vestiaire masculin, remettant en question la rigidité des normes vestimentaires et redéfinissant les frontières de l’apparence et du genre.

Les thèmes intéressant particulièrement cette journée d’étude recouvrent, sans s’y limiter :

  • les précédents historiques d’emprunts de la mode féminine au vêtement masculin
  • l’évolution de l’art des tailleurs et des savoir-faire dans la mode féminine
  • la mode comme outil pour interroger et façonner les liens entre identité et structures de pouvoir
  • le rôle des représentations visuelles (photographie, mais aussi miniatures, arts graphiques, peinture, etc.) et littéraires dans la définition d’identités et de styles empruntant aux codes considérés comme masculins dans le vestiaire féminin
  • des études de cas portant sur une ou des personnes ayant particulièrement participé à faire bouger les lignes de la mode dite féminine en empruntant au vestiaire masculin
  • les débats sur les modes gender fluid et leurs implications sociales et politiques Les propositions de chercheureuses, conservateurices, créateurices et praticiennes dont les recherches ou la pratique créative se trouvent à la croisée des questions de mode, genre et identité seront bienvenues. On retiendra particulièrement les contributions présentant une perspective interdisciplinaire, nouant l’histoire de la mode aux enjeux des études de genre, de la théorie queer, de la culture matérielle et de la culture visuelle.

Les propositions d’intervention sont à envoyer à Marta Franceschini, Emilie Hammen et Marine Kisiel à l’adresse tailoringidentitiesgmailcom sous la forme d’un unique document PDF comprenant une note d’intention (300 mots max) et une notice biographique (150 mots max).
Merci d’intituler votre document comme suit : "nom-prénom-TI2025" 

Les intervenant·es retenu·es en seront informé·es avant le 16 avril 2025.

Pour toutes questions, vous pouvez nous écrire à l’adresse : tailoringidentitiesgmailcom

Cliquer sur ce lien pour accéder à plus d'informations sur l'appel

Festival de l'histoire de l'art 2026 — "La mode"
— Avant le 8 novembre 2025

La mode ou les modes, phénomène visible et éloquent, pratique vestimentaire saisonnière ou plus ponctuelle, couvre des réalités et des imaginaires complexes. Conçue dans sa diversité, la mode a progressivement acquis une légitimité dans le champ académique en France au cours des vingt dernières années. Façonné à la fois par l’héritage des travaux de l’histoire du costume et du vêtement, de la culture matérielle et l’histoire des apparences, de la sociologie, de la littérature et de l’anthropologie et par l’apport des fashion studies venues du monde anglophone, le champ de l’histoire des modes est aujourd’hui en voie de reconnaissance.

SI vous voulez en savoir plus sur les modalités de cet appel, accèdez au site "Calenda–Événements" 


2024

AACom — "Le point de vue de Vogue sur l'éducation. Perspectives diachroniques et transnationales sur le magazine Vogue, des archives aux salles de classe"
— Avant le 2 septembre 2024

Colloque International
13 décembre 2024

à l'ESMOD, 12 rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris

Si l’on situe ainsi les magazines (féminins) tels que Vogue dans le champ de la littérature prescriptive, que pouvons-nous déduire de son contenu quant à ses utilisations, projetées et/ou réelles ? Comment retracer et comprendre les cultures de réception et les « communautés imaginées » (au sens de Benedict Anderson) – de féminité, de goût, de classe, notamment – qu’il convoque à différentes époques et dans différents espaces ? Si l’on prend également en compte le vaste réseau transnational tissé par ses éditions nationales (notamment les Vogue anglais et français, mais aussi, à partir des années 1970, les Vogue italien, brésilien, allemand, espagnol, singapourien, coréen, taïwanais, russe et japonais (voir Button 2006, ainsi que Garrity 1999, Bartlett 2006, Matthews-David 2006, Moeran 2006, Kopnina 2007, Mészáros 2019, Paccaud 2021)), les processus de construction d’identités nationales deviennent également centraux. Enfin, comment ces réceptions sont-elles remédiées dans la culture populaire (littérature, cinéma, etc.) ?
Nous espérons que toutes ces questions, et bien d’autres encore, seront abordées et discutées au cours de ce colloque. Nous envisageons cet événement comme le point de départ d’une discussion interdisciplinaire et internationale.

SOUMETTRE UN ARTICLE

Nous invitons donc des collègues travaillant dans les domaines de l’histoire, de l’histoire culturelle, des études sur la communication et les médias, des études sur la mode, de l’histoire de la photographie, des études sur les périodiques et d’autres disciplines encore, à nous faire parvenir des propositions pour des communications (20 minutes), suivies d’une discussion (10 minutes). La langue de travail du colloque sera l’anglais, mais les propositions d’interventions en français seront les bienvenues.

Merci d’adresser vos résumés de 500 mots, ainsi qu’une courte notice biographique, jusqu’au 2 septembre 2024, à Jasmin Assadsolimani (jasmin.assadsolimani@tu-dortmund.de), Alice Morin (alice.p.morin@gmail.com) et Marlène van de Casteele (marlene.vandecasteele@esmod.com).
Les participants et participantes seront notifiés de l’acceptation de leur proposition au plus tard le 12 septembre 2024.

Cliquer sur ce lien pour accéder à plus d'informations sur l'appel


2018

AACom — "Textiles et vêtements vus d’en bas : textiles et vêtements ordinaires et de tous les jours dans les musées et les demeures historiques"
— Avant le 9 mars 2018

Colloque Textiles et vêtements vus d’en bas : textiles et vêtements ordinaires et de tous les jours dans les musées et les demeures historiques
07 juin 2018

Université de Wolverhampton, Royaume-Uni

CHORD lance un appel à contributions pour un atelier consacré aux textiles et aux vêtements banals, fonctionnels et « ordinaires » présents dans les collections des musées et des demeures historiques.
Les communications portant sur n'importe quelle période historique ou zone géographique sont les bienvenues. Nous définissons les termes « ordinaire » et « banal » au sens large, incluant les objets « de tous les jours » ou les collections qui peuvent être rares et précieuses, ou encore les articles « ordinaires » qui peuvent être soigneusement confectionnés et très décoratifs. Les textiles et les vêtements présentent tous deux un intérêt, tout comme tous les aspects liés à leur entretien, leur présentation, leur interprétation ou leur conservation.
Les professionnels des musées, les conservateurs, les étudiants, les chercheurs universitaires ou toute personne intéressée par le sujet sont chaleureusement invités à soumettre une proposition. Nous accueillons aussi bien les intervenants expérimentés que les nouveaux venus, y compris ceux qui ne sont affiliés à aucune institution.

 

Parmi les thèmes pouvant être abordés, on peut citer (sans que cette liste soit exhaustive) 

  • Les vêtements de la classe ouvrière et l’ameublement domestique
  • Les textiles et les vêtements de grande série
  • La collection et la mise en valeur de l’ordinaire dans les musées
  • Les vêtements de travail, les textiles résistants, l’usure et les détériorations
  • Les vêtements et textiles de tous les jours, ainsi que les décorations, les ornements et le design
  • Les textiles fonctionnels et protecteurs : rideaux, tapis, napperons, antimacassars…
  • Reconstitution d’intérieurs et remplacement de textiles historiques
  • Textiles et vêtements réutilisés et recyclés

Les communications individuelles durent généralement 20 minutes, suivies de 10 minutes de questions et de discussion.

Nous acceptons également des présentations plus courtes, de 10 minutes, sur des « travaux en cours », également suivies de 10 minutes de discussion.
De petites bourses seront mises à la disposition des intervenants pour subventionner les frais de déplacement (au Royaume-Uni) et les frais d’inscription à l’atelierPour soumettre une proposition, veuillez envoyer le titre et un résumé d'environ 300 à 400 mots, en précisant si vous proposez une présentation de 10 ou de 20 minutes
Si vous hésitez à soumettre une proposition ou si vous souhaitez discuter de vos idées avant de la soumettre,

Pour toute information complémentaire, envoyer un e-mail à Laura Ugolini à l'adresse du Laura Ugolini, professeure d'histoir, Université de Wolverhampton (l.ugoliniwlv.acuk)

Cliquer sur ce lien pour accéder au programme sur le site de "Retail History"


2017

AACom — "Mode et morale"
— Avant le 30 octobre 2017

Colloque
6-7 mars 2018

Université de la Mode – Université Lyon 2 Louis Lumière, Lyon (France)

Ce colloque est organisé par l’Université de la mode Lyon 2, en partenariat avec ELICO, unité de recherche en sciences de l’information et de la communication (EA 4147) et le LARHRA, laboratoire de recherche histoire Rhône-Alpes (UMR 5190).

À l’occasion du colloque biennal organisé par l’Université de la mode, cette nouvelle édition souhaite interroger les liens qui unissent la mode et la morale. De Montaigne à Voltaire, des édits somptuaires aux prescriptions journalistiques, des injonctions dans le Coran aux lois de simplicité chrétienne, la mode a très tôt été analysée, contrôlée et condamnée pour des questions de morale. Les pouvoirs politiques et religieux se sont emparés du sujet pour imposer leur autorité sur la pudeur, la bienséance et la correction vestimentaire. Honoré de Balzac signalait le rôle central de la morale dans la société : « Heureusement, c’est une loi de l’ordre moral, que les esprits intelligents et éclairés marchent en avant et indiquent la route ; la masse les suit bon gré mal gré, plus ou moins vite ; elle adopte ce qui est bien, et le pratique souvent à son insu, sans le comprendre » (La Silhouette, 1830). L’origine du terme « morale » indique clairement un rapport aux mœurs, aux coutumes et aux habitudes de vie partagées par une culture et une époque. Autant dire que les interdits moraux, à différentes périodes historiques, en disent long sur la société, sur ce qui la lie et sur ce qu’elle rejette. Quels sont les interdits moraux qui condamnent aujourd’hui la mode ? Quelles en sont les sources historiques, rhétoriques et pratiques ? Quelle a été l’influence passée et présente de la morale sur la mode, et comment la mode s’est-elle jouée de ces interdits ? Quels sont les nouveaux tabous vestimentaires et que disent-ils de nos sociétés mondialisées ?Nous souhaitons que ce colloque s’inscrive dans les dialogues entre passé et présent que l’Université de la mode / Lyon 2 a engagés durant les éditions précédentes. Sont attendues des propositions de communication venues de disciplines et d’horizons différents : chercheurs en c
ommunication, sémiologues, historiens de la mode, de l’art, du design ou des techniques, philosophes, sociologues, anthropologues, etc. Ce colloque international encourage les croisements transnationaux et transculturels, afin d’envisager la diversité des codes vestimentaires soumis aux interdits moraux. Il engage les intervenants à s’inscrire dans une réflexion sur les enjeux présents et futurs de la mode. Afin de renouveler la question et d’éviter des propositions trop monographiques, le comité scientifique favorisera les approches transhistoriques et les études comparées.

Les communications devront s’inscrire dans l’une des pistes de réflexion suivantes 

  • Mode et corps : les questions de pudeur et de fétichisme ; l’acceptation et la condamnation du corps sexualisé, minorisé, travesti ou malmené ; genre et sexualité, les approches féministes et postcoloniales.
  • Mode, religion et politique : le vêtement comme marqueur identitaire ; le pur et l’impur ; les polémiques politiques récentes et les divergences culturelles ; les croisements transnationaux.
  • Mode et apparences : le rapport de la mode au luxe et à l’argent ; les questions d’ostentation, d’extravagance et de lutte contre la dépense ; la gestion des différences sociales.
  • Mode et développement durable, mode et responsabilité sociale des entreprises (RSE) : les rapports de l’industrie textile à l’écologie, à l’environnement et aux conditions de travail ; la mode éthique face à la fast fashion.

Les organisateurs annonceront la sélection des participants mi-décembre 2017.
Les interventions pourront se faire en français ou en anglais, sans traduction.

Les propositions d’intervention ne devront pas excéder les 2500 signes espaces compris (hors bibliographie) et seront accompagnées d’un curriculum vitae (450 signes), à envoyer avant le 30 octobre 2017, à l’adresse suivante : colloquemodelyon2gmailcom

Comité scientifique

  • Olivier Assouly (IFM)
  • Christine Bard (Univ. d’Angers)
  • Pierluigi Basso (Univ. Lyon 2)
  • Marco Belfanti (Univ. de Brescia)
  • Denis Bruna (Musée des arts décoratifs, Paris)
  • Isabel Cantista (Univ. Porto)
  • Damien Delille (Univ. Lyon 2)
  • -Nicole Foucher (Univ. Lyon 2)
  • Isabelle Garcin-Marrou (Sciences Po Lyon)
  • Pauline Gauquié (CELSA-Sorbonne)
  • Madeleine Goubau (UQÀM)
  • Isabelle Hare (Univ. Lyon 2)
  • Stéphanie Kunert (Univ. Lyon 2)
  • Anne Monjaret (CNRS)
  • Eleni Mouratidou (Univ. Paris 13)
  • Valérie-Jeanne Perrier (CELSA-Sorbonne)
  • Nick Rees-Roberts (Univ. Paris 3)
  • Aileen Ribeiro (Courtault Institute, Londres)
  • Martine Villelongue (Univ. Lyon 2)

Comité d’organisation

  • Caroline Bianzina (Univ. de la Mode - Leherpeur)
  • Damien Delille (Univ. Lyon 2 / Univ. de la Mode)
  • Bénédicte Fabien (Univ. de la Mode - Leherpeur)
  • Isabelle Hare (Univ. Lyon 2 / Univ. de la Mode)
  • Stéphanie Kunert (Univ. Lyon 2 / Univ. de la Mode)

2016

AACom — "L'économie de l'habillement et des textiles : voies du commerce, de la production et de la consommation au début de l'époque moderne"
— Avant le 30 avril 2016

15 septembre 2016
Université de Bologne, Département d'Histoire, de Culture et de Civilisation, San Giovanni in Monte, Bologne, Italie

Le marché des tissus et des textiles revêt une importance capitale pour l'économie de la fin du Moyen Âge et du début de l'époque moderne. Les routes commerciales, les centres de production et les modes de consommation ont été des facteurs déterminants qui ont stimulé l'afflux de tissus et de textiles de luxe vers les marchés établis de la mode et du textile, tandis que les vêtements d'occasion suivaient leur propre trajectoire. Vendus aux enchères et dans les boutiques de revendeurs, ils ont parfois connu une seconde vie et ont souvent été transformés. L'ensemble des coûts liés à la confection d'un vêtement, qui comprenait l'achat des matières premières et les frais de couture, reflète le parcours et la provenance des textiles, fourrures et articles de mercerie concernés avant leur confection et leur consommation. À leur tour, les marchés respectifs des produits bas de gamme et haut de gamme ont également joué un rôle important dans la vie sociale et culturelle, car le coût, la présentation et les représentations des vêtements mettaient en valeur la richesse ainsi que le statut social et politique de celui qui les portait.
La conférence vise à susciter une discussion sur l'économie de l'habillement et des textiles en relation avec le lien entre le commerce, la production, la consommation, ainsi que le coût et le statut des produits bas de gamme et haut de gamme à la fin du Moyen Âge et au début de l'époque moderne.

Cliquer sur ce lien pour accéder au programme sur le site de "ArtHist.net"

AACom — "Les cadeaux textiles au Moyen Âge. Objets, acteurs et représentations"
— Avant le 24 mars 2016

Conférence internationale
3-4 novembre 2016

Rome, par Christiane Elster, Stephanie Luther, Stefanie Seeberg et Tanja Michalsky.

Les approches historico-culturelles, telles que celles utilisées dans les études sur la culture matérielle, explorent la nature d'objet des artefacts et leur efficacité. À cela s'ajoutent les études sur les objets en tant que vecteurs de communication symbolique, dans lesquelles ces objets sont décrits et interprétés comme faisant partie intégrante de performances complexes liées aux rituels et aux cérémonies. 
Les approches historico-culturelles, telles que celles utilisées dans les études sur la culture matérielle, explorent la nature d'objet des artefacts et leur efficacité. À cela s'ajoutent les études sur les objets en tant que vecteurs de communication symbolique, dans lesquelles ces objets sont décrits et interprétés comme faisant partie intégrante de performances complexes liées aux rituels et aux cérémonies.
Les dons de textiles au Moyen Âge constituent un terrain d'expérimentation pour l'évaluation de ces questions et approches dans le domaine de l'histoire de l'art. Les dons de textiles et de vêtements apparaissaient dans des contextes variés et remplissaient diverses fonctions dans l'Europe prémoderne. Ils pouvaient être offerts lors d'un rite d'initiation ou d'un acte de transition sociale, notamment lors d'une investiture, d'un mariage ou d'une entrée au monastère. Les dons de vêtements aux pauvres, quant à eux, figuraient parmi les œuvres de charité évoquées dans les vies de nombreux saints médiévaux. Des textiles somptueux étaient envoyés comme cadeaux prestigieux à des institutions religieuses ou, à l'instar des soieries à motifs provenant de Byzance, circulaient dans le cadre d'échanges diplomatiques de cadeaux. Les dons de vêtements étaient également distribués au sein de la cour à titre de compensation en nature, ce qui contribuait à la structuration et à la hiérarchisation de la société courtoise.
Les dons de vêtements pouvaient incarner le donateur. En particulier dans le cas de vêtements ayant déjà été portés par leur donateur, la présence physique de ce dernier pouvait s’être imprégnée dans la matière et la forme du vêtement offert. L'objectif de ce colloque interdisciplinaire est de replacer la diversité et la polysémie de ces actes de communication symbolique dans le contexte plus large de la culture médiévale du don. Dès les années 1920, Marcel Mauss a montré que le don établissait des relations sociales et se composait de trois éléments indispensables : donner, accepter et rendre la pareille (le « principe de réciprocité »). Ce qui est essentiellement en jeu dans ces échanges, c’est la construction du pouvoir et des hiérarchies sociales. Si la théorie de Mauss est depuis longtemps utilisée dans les études médiévales, des critiques récentes ont souligné que l’efficacité particulière résultant des qualités matérielles et visuelles des dons n’a pas été suffisamment abordée, car les études appliquant le modèle de Mauss se concentrent principalement sur les donateurs, les bénéficiaires et leur interaction. En d’autres termes, le contexte de l’échange a été privilégié par rapport aux objets échangés (Cecily Hilsdale, 2012). En mettant l'accent sur les images et les objets, l'histoire de l'art est bien placée pour montrer comment la dynamique de la réciprocité et les obligations qui en découlent peuvent s'exprimer tant sur le plan visuel que matériel. Le colloque se concentre sur les dons textiles dans l'Europe prémoderne afin d'explorer ces questions plus en détail. L'intégration de modèles anthropologiques dans une approche historico-artistique permet de considérer les objets offerts comme des entités autonomes au sein du processus d'offrande, en tant que forme de communication socialement générative. La relation entre les acteurs et l'« agency » des dons eux-mêmes peut ainsi être approfondie (Bruno Latour).

 

Nous sollicitons des propositions de communications dans le domaine de l'histoire de l'art et des disciplines connexes, telles que l'histoire, l'anthropologie, l'archéologie et la littérature. Les communications pourraient notamment porter sur les thèmes suivants :

  • Les dons textiles en tant qu’actes de communication symbolique au Moyen Âge : nous apprécions tout particulièrement les études de cas qui illustrent l’acte de donner et le sentiment d’obligation qui se crée entre le donateur et le bénéficiaire, et qui, ce faisant, s’intéressent à l’efficacité visuelle et matérielle des dons textiles. Les communications pourraient porter sur les dons de vêtements personnels, comme le don du manteau d’un souverain à une institution ecclésiastique, et sur l’honneur – ou l’affront – que de tels dons peuvent impliquer.
  • Réflexions méthodologiques sur la pertinence des modèles anthropologiques pour l’histoire de l’art médiéval : dans quelle mesure les modèles anthropologiques (la théorie du don de Marcel Mauss et ses dérivés) sont-ils utiles pour comprendre et interpréter les dons textiles prémodernes ? Nous partons du principe qu’aucune théorie générale unique n’est capable d’expliquer de manière définitive chaque acte de don. Au contraire, un certain nombre d’approches issues de Mauss, dont certaines sont controversées, pourraient être débattues dans le contexte des dons textiles médiévaux.
  • La relation entre les dons textiles en tant qu’actes performatifs et leurs représentations Comment les dons textiles médiévaux étaient-ils représentés en mots et en images ? Quelle relation ces représentations entretiennent-elles avec leurs prototypes matériels (les dons textiles qui ont survécu) et leurs contextes (les actes de donation) ?
  • Les aspects liés au genre dans les dons textiles Les dons textiles du Moyen Âge pouvaient-ils être spécifiques à un genre ? Peut-on observer des schémas comportementaux différents dans les pratiques de don des hommes et des femmes ?
  • Réutilisation et recontextualisation des dons textiles L’appréciation, l’utilisation et la conservation des dons textiles médiévaux, y compris leur restauration ou leur modification, peuvent en dire long sur la manière dont les institutions bénéficiaires géraient ces dons. Comment, par exemple, les bénéficiaires ont-ils interprété et utilisé les dons textiles dans la construction de leur identité ? Comment ce processus a-t-il façonné la relation entre une institution bénéficiaire et son donateur ?

Les propositions de communication doivent être envoyées sous forme de résumé (1 page maximum) accompagné d’un bref CV avant le 24 mars 2016 à Christiane Elster (elsterbiblhertzit).


2015

AACom — "Survie et renaissance : un design vestimentaire qui perdure et des tendances de mode qui renaissent"
— Avant le 15 juin 2015

Conférence internationale des historiens du costume
31 octobre 2015

The Art Workers’ Guild, 6 Queen Square, Londres, WC1N 3AT, Royaume-Uni

Certains styles et certaines formes de vêtements sont restés inchangés pendant des décennies, voire des siècles, symbolisant peut-être l’éternité du sacré ou l’autorité de la tradition. Parallèlement, d’Auguste à Napoléon jusqu’à nos jours, à travers d’innombrables époques et cultures, l’habillement a joué un rôle important dans les mouvements de renouveau, qu’ils soient patriotiques, politiques ou d’autre nature. Cette conférence explorera les significations des notions de « survie » et de « renouveau » dans l’habillement, de l’archéologique au conceptuel, du « rétro » au « futuriste ».

Nous invitons les auteurs à soumettre des propositions de communications pouvant inclure, sans s’y limiter, les thèmes suivants.

  • Survivances : Les créations vestimentaires qui ont survécu et sont restées fidèles à elles-mêmes sur de longues périodes, notamment les vêtements religieux et les vêtements liturgiques, les tenues de cérémonie, les costumes ethniques ou folkloriques nationaux, les uniformes militaires et autres, les vêtements utilitaires (y compris les jeans, etc.) et les « marques patrimoniales » telles que Burberry, etc.
  • Renaissances historiques : les modes et tendances qui ont été remises au goût du jour, notamment les renaissances médiévale, grecque et romaine à différentes époques, les vêtements vintage, le tartan écossais et les répliques de tissus historiques destinés à la confection.
  • Renaissances des créateurs : le travail de créateurs qui font référence à des époques antérieures ou utilisent des archives, notamment Laura Ashley, Cristóbal Balenciaga, Christian Dior, Alexander McQueen, Paul Poiret, Zandra Rhodes, Vivienne Westwood, etc.

APPEL À COMMUNICATIONS

Veuillez envoyer votre proposition sous forme de document Word comprenant le titre de votre communication, un résumé de 200 mots, une brève biographie et vos coordonnées à la secrétaire chargée des événements de l'ADH, Jennifer Daley, à l'adresse events@dresshistorians.co.uk.
Chaque intervenant disposera de vingt minutes.
Les résultats seront communiqués par e-mail au plus tard le 1er juillet 2015. Les intervenants sont dispensés des frais d'inscription, mais nous leur demandons de devenir membres de l'association.

BILLETS POUR LA CONFÉRENCE

Nous sommes heureux de proposer un tarif réduit pour les billets achetés avant le 1er septembre 2015. Pour assister à la conférence, veuillez vous rendre sur www.dresshistorians.co.uk afin d'acheter vos billets.

ADHÉSION À L'ADH

L'adhésion annuelle à l'Association of Dress Historians (ADH) coûte 10 £ pour les tarifs réduits ou 15 £ pour les professionnels, et comprend divers avantages.
Pour plus d'informations sur l'ADH et l'adhésion, veuillez consulter le site www.dresshistorians.co.uk ou envoyer un e-mail à membership